Chronique Ovine du Sud-Est :

La pathologie des jeunes agneaux 2/3 : les pneumonies ou pasteurelloses

Le mois qui suit l’agnelage est très critique sur le plan sanitaire car le jeune agneau est soumis à de nombreux pathogènes contre lesquels il ne peut lutter que grâce à l’immunité maternelle transmise par le colostrum.

Après la chronique sur la colibacillose, la plus grave de ces maladies juvéniles, voici la 2ème chronique sur les pathologies des jeunes agneaux avec les pneumonies ou pasteurelloses, pathologies également fréquentes de cette période et qui peuvent entraîner des pertes économiques considérables.

Présentation

Les pneumonies sont particulièrement redoutées car elles peuvent survenir dès les premières heures de vie et évoluer très rapidement. Leur gravité est liée à la présence naturelle dans la bouche et le nez d’une flore bactérienne (Mannheimia haemolytica et Pasteurella multocida notamment) qui devient très pathogène si elle a l’occasion de descendre dans des bronches irritées et si elle se retrouve piégée dans la cage thoracique sans possibilité d’en être expulsée. Les bactéries colonisent et altèrent alors très vite le tissu pulmonaire et les plèvres.

Les cas peuvent être isolés à la suite d’un agnelage difficile (dystocie ou présentation postérieure faisant « boire la tasse » à l’agneau) ou groupés si l’ambiance du bâtiment est déficiente (densité trop élevée, humidité des litières et fort dégagement d’ammoniac, excès de poussières et de courants d’air). Il s’agit alors d’une épidémie de « pasteurellose ».

Symptômes

Les premiers symptômes sont, outre le mouchage nasal, une forte fièvre et une congestion rouge violacée des muqueuses auxquelles il faut être très attentif. En effet, les signes respiratoires (toux, essoufflement, battements du flanc) n’apparaissent que plus tard, lorsque les dégâts pulmonaires sont importants et parfois incurables. En cas de mortalité, l’autopsie apporte un diagnostic de certitude (les lobes pulmonaires atteints ressemblent à du foie, c’est « l’hépatisation rouge » des pneumonies aigües, du liquide d’inflammation et de la fibrine peuvent ensuite envahir l’espace entre les poumons et les côtes, on parle alors « d’omelette fibrineuse » après quelques jours d’évolution).

Prévention

La prévention est basée sur l’aide à l’agnelage et sur les soins au nouveau-né mais surtout sur la maitrise des conditions d’hygiène et d’ambiance de l’élevage. L’utilisation d’aérosols à base de mélange d’huiles essentielles (thym, pin sylvestre, eucalyptus…) peut aider à assainir l’air contaminé des bergeries. La vaccination des mères dans le dernier mois de gestation doit être tentée si la maladie réapparait lors de chaque agnelage.

Traitements

Le traitement antibiotique doit être précoce et long. Les tétracyclines, qui diffusent bien dans les poumons, sont indiquées en première intention. Il est possible d’ajouter un anti-inflammatoire en début de traitement pour faire baisser la fièvre et lutter contre l’état de choc.

Auteur : Eric Belleau – Vétérinaire conseil GDS04

Coordinateur des chroniques ovines : Rémi Leconte – MRE

Lésions des poumons caractéristiques de pneumonie aigüe