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TRANSHUMANCE ESTIVALE, UN PHENOMENE DE GRANDE AMPLEUR.

La transhumance d’été porte les images les plus fortes du pastoralisme régional. Elle déplace et regroupe les troupeaux en grandes unités, pour rejoindre avec leurs bergers l’herbe fraîche des alpages pendant les trois à quatre mois d’estive.

Phénomène massif et généralisé à tous les départements, la transhumance à destination des alpages des Alpes du Sud concerne ainsi 550 000 ovins et 24 000 bovins, sans compter chèvres et chevaux.

S’y ajoutent encore 140 000 ovins, qui transhument jusqu’aux alpages des Alpes du Nord, en Isère, Savoie ou Drôme.

Site de la maison de la Transhumance : www.transhumance.org

 

 

LES AUTRES TRANSHUMANCES, PLUS DISCRETES

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Moins massives, elles prennent des formes multiples tout au long de l’année, en adaptant le déplacement des troupeaux aux ressources offertes par toute la diversité des espaces naturels de la région. Il y a ainsi des transhumances hivernales conduisant par exemple des troupeaux ovins ou bovins montagnards dans les massifs forestiers du littoral, le plus souvent avec des engagements d’entretien pour la prévention des risques d’incendie. Il y aussi des transhumances de printemps ou d’automne, quand, entre zone littorale et alpage, les troupeaux utilisent durant quelques semaines des sites de pâturage en secteurs intermédiaires de collines et plateaux.

Le mot transhumance intègre deux informations, « trans » (au-delà) et « humus » (le pays), car le voyage qu’il désigne conduit au-delà du territoire d’origine.
C’est une forme de vie pastorale étroitement associée aux régions à climat méditerranéen.
Elle permet de palier à la sécheresse qui sévit l’été et jaunit les maigres pâturages des plaines.
Dés le mois de juin, les troupeaux gagnent alors les montagnes les plus proches, où l’herbe renaît après la fonte des neiges. Ils en reviendront entre septembre et novembre, avant que la neigene les recouvre de nouveau.

La transhumance fait partie du patrimoine provençal. Historiquement, elle a tracé son propre réseau routier, les drailles ou carraires, qui furent les premières voies de communication entre les plaines de Basse Provence et les montagnes alpines. Tout en s’adaptant aux évolutions de la société, les éleveurs ovins ont su conserver le caractère naturel et authentique de l’élevage de Provence, dont la clé de voûte reste la transhumance. Ainsi, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, celle-ci demeure un phénomène économique et social considérable.

 

DE MULTIPLES FORMES DE TRANSHUMANCES
La transhumance dite « hivernale » est pratiquée par certains troupeaux des exploitations montagnardes, qui viennent passer l’hiver dans les plaines ou massifs forestiers littoraux de Basse Provence.
La transhumance dite « locale » désigne la montée en estive, sur des alpages de proximité, des troupeaux des communes de montagne ou des zones de piémonts.
La « grande transhumance estivale » relie à longue distance les basses plaines provençales et le littoral méditerranéen aux pelouses alpines. Des sytèmes d’élevage extensifs.

Des races rustiques :
la transhumance garantit des productions (viande, laine) de grande qualité, rythmée par les cycles naturels de l’herbe et de l’animal. Les troupeaux sont composés de races dites « rustiques »: mérinos d’Arles, préalpes du sud, mourérous, issues de longues et patientes sélections, adaptées désormais aux longs déplacements et à des conditions de climat et d’alimentation difficiles.

Des produits de qualité :
La viande issue d’ovins transhumants est de très bonne texture.
Les agneaux reçoivent une alimentation naturelle et équilibrée, basée essentiellement sur l’apport du lait maternel. Du fait, aussi, d’un excellent équilibre muscle/gras, son arôme et sa saveur sont exquis. Pour répondre à la demande accrue des consommateurs en matière de sécurité alimentaire, de traçabilité, de garantie d’origine et de mode d’élevage, les éleveurs ont fait le choix d’une production sous signes officiels de qualité.
D’autres initiatives locales spécifiques aux élevages transhumants ou montagnards existent également : Agneau des Estives (Alpes-Maritimes)…
Le pays d’estivage traditionnel est représenté par les Alpes de Provence (Mercantour, Ubaye, Haut-Verdon…) et les montagnes méridionales du Dauphiné (Vercors, Briançonnais). Avec le développement du transport par chemin de fer puis par camion, les troupeaux gagnent aujourd’hui également l’Oisans et la Vanoise.
De nos jours, la plupart des cheptels sont en effet transportés dans des bétaillères pouvant contenir, sur trois ou quatre étages, près de 400 têtes. Seuls certains troupeaux, représentant environ 75 000 têtes, qui hivernent dans le Var, les Alpes-Maritimes ou les Alpes-de-Haute-Provence, continuent de cheminer à pied vers les alpages les plus proche.

 

Coût schématique par brebis d’une saison d’estive dans les Alpes du Sud
(grande transhumance : unité pastorale de 1 300 têtes)

Transport (camion)  : 3 €

Location de l’alpage 3 €

Emploi du berger salarié 5.5 €

Autres frais (sel, produits vétérinaires, aliments chiens, héliportage) : 1 €

Total : 12.5 € par brebis

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LA ROUTO est un programme européen ayant pour objectif la création d’un réseau transfrontalier de valorisation des métiers, des produits et du LOGO_LA_ROUTO_ILLUSTRATORpatrimoine de la transhumance. Il reliera la plaine de la Crau à la vallée de la Stura, sur les traces des troupeaux ovins qui pratiquaient la grande transhumance estivale depuis les plaines de basse Provence jusqu’aux vallées alpines du Piémont.

 

Ce reseau se veut être le support de multiples actions de valorisation des métiers de berger et d’éleveurs, de promotion des produits agricoles et artisanaux liés au pastoralisme, cela sur les différents territoires traversés. Trait d’union entre la France et l’Italie, entre la plaine et la montagne, il associera l’ensemble des filières agricole, gastronomique, artisanal, touristique, environnementale et patrimoniale autour d’une pratique fortement identitaire des régions Provence-Alpes-Côtes d’Azur et Piémont.

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