Chronique Ovine du Sud-Est :

La pathologie des jeunes agneaux 3/3 : les arthrites infectieuses

Le mois qui suit l’agnelage est très critique sur le plan sanitaire car le jeune agneau est soumis à de nombreux pathogènes contre lesquels il ne peut lutter que grâce à l’immunité maternelle transmise par le colostrum.

Après les chroniques sur la colibacillose et les pasteurelloses, voici la 3ème chronique sur les pathologies des jeunes agneaux : les arthrites infectieuses.

Présentation

Les arthrites infectieuses sont elles aussi une pathologie dominante des premières semaines de vie. Elles sont occasionnées le plus souvent par des microbes d’environnement ou de la peau comme des staphylocoques qui ont besoin d’une voie d’entrée pour devenir pathogènes. Cette voie d’entrée est principalement le nombril à la naissance mais la pose des médailles, la castration, la coupe des queues ou la caudophagie (morsure de la queue de l’agneau par les brebis trop maternelles) peuvent aussi permettre la pénétration des germes dans l’organisme. Dans le cas de l’infection du nombril, les bactéries remontent dans le cordon ombilical et la veine omphalique jusqu’au foie où elles créent des abcès à partir desquels elles vont se disperser dans le sang et se multiplier dans les articulations.

Symptomes

Les premiers symptômes de l’arthrite sont ceux caractéristiques de l’inflammation : douleur, chaleur et parfois rougeur puis gonflement de l’articulation. L’examen clinique doit être vigilant dès les premiers signes d’apparition de la boiterie pour mettre en place si nécessaire un traitement antibiotique approprié. Une intervention trop tardive sur des articulations enflées et/ou déformées risque d’être insuffisante et expose à des rechutes incurables. Le traitement fait souvent appel aux pénicillines ou amoxicillines, en général actives sur les germes en cause, sur une durée d’une semaine en moyenne pour éviter les récidives.

Prévention

Du fait des échecs thérapeutiques fréquents, l’effort doit se concentrer sur la prévention avec trempage du cordon ombilical dans la teinture d’iode au moins 20 secondes le plus tôt possible après la naissance et par une désinfection soignée de la peau et des instruments lors des interventions zootechniques (bouclage, castration, caudectomie). En cas de morsure de l’extrémité de la queue, cette dernière doit être coupée court dès l’apparition de la lésion avant le développement d’une arthrite vertébrale ascendante mortelle.

Dans le cas d’arthrites multiples sans suspicion d’inoculation au travers du nombril ou de la peau, il faut penser à une éventuelle épidémie de rouget qui peut se traduire seulement par ces symptômes chez les ovins (alors qu’elle entraîne des plaques cutanées rouges géométriques caractéristiques chez les porcins…). Ces arthrites répondent plutôt bien aux antibiotiques administrés là aussi précocement.

La trilogie colibacillose-pneumonie-arthrite entraîne la majorité des pertes du premier âge. Bien maîtriser la prévention de ces maladies est primordial pour mener à bien l’élevage de lots homogènes d’agneaux en bonne santé.

Auteur : Eric Belleau – Vétérinaire conseil GDS04

Coordinateur des chroniques ovines : Rémi Leconte – MRE